samedi, 13 octobre 2007
MARTIN MENAIT SON POURCEAU
Dans le même ordre d'idée qu'un poème sur le blog de Miche, je vous livre une chanson de la Renaissance que plusieurs compositeurs ont mis en musique, Pierre CERTON, Claudin de Sermisy et Clément JANEQUIN.
Ci-dessous la version de Clément JANEQUIN, que j'ai chantée plusieurs fois et que je trouve très suggestive... surtout les "Serre, Martin, serre Martin....." de la fin... (version de l'Ensemble Clément Janqequin)
Martin Menait Son Pourceau au marché
Avec Alix qui en la plaine grande ,
Pria Martin de faire le péché
De l´un sur l´autre.
Et Martin lui demande :
"Et qui tiendrait notre pourceau, friande...?"
"Qui?" dit Alix , "bon reméde il y a!"
Lors le pourceau à sa jambe lia ,
Et Martin juche qui lourdement engaine ;
Le porc eut peur , et Alix s'écria :
"Serre , Martin Serre , Martin , serre, Martin
Notre pourceau m' entraíne.
16:59 Publié dans Blog , Chansons , Poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
jeudi, 15 mars 2007
LA CARAVANE pour MARIE (DIVIA)
Pour faire écho aux belles photos du désert et de caravanes de Marie dans son blog DIVIA, voici une très belle poésie que j'ai chantée souvent.
LA CARAVANE
de Théophile GAUTHIER.
Ce poète , romancier, peintre et critique d'art français, est né à Tarbes le 31 août 1811 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872.
La caravane humaine au Sahara du monde,
Par ce chemin des ans qui n'a pas de retour,
S'en va traînant le pied, brûlée aux feux du jour,
Et buvant sur ses bras la sueur qui l'inonde.
Le grand lion rugit et la tempête gronde;
À l'horizon fuyard, ni minaret, ni tour;
La seule ombre qu'on ait, c'est l'ombre du vautour,
Qui traverse le ciel cherchant sa proie immonde.
L'on avance toujours, et voici que l'on voit
Quelque chose de vert que l'on se montre au doigt :
C'est un bois de cyprès semé de blanches pierres.
Dieu, pour vous reposer, dans le désert du temps,
Comme des oasis, a mis les cimetières :
Couchez-vous et dormez voyageurs haletants.
Cette poésie de Théophile GAUTHIER a été mise en musique avec une très belle mélodie écrite par Ernest CHAUSSON. (pour plus de précisions, vous pouvez cliquer sur son nom)
09:30 Publié dans Blog , Poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
lundi, 05 mars 2007
BLASON DU LAID TÉTIN
Il y a quelque temps, je vous ai mis un beau texte de Clément MAROT, l'inventeur du blason poétique, vantant le corps féminin "Blason du beau tétin"
Marot ne manquait pas d'humour et, pour contrer le très beau texte qu'il avait fait pour magnifier les seins féminins, il a pris le contrepied de ce texte en écrivant le Blason du laid tétin !!!!
Pardon, Mesdames ou Mesdemoiselles, d'oser publier ce texte, mais bon, c'est un morceau d'anthologie....
Tétin, qui n'as rien, que la peau,
Tétin flac, tétin de drapeau, (flac=flasque)
Grande Tétine, longue Tétasse,
Tétin, dois-je dire besace ?
Tétin au grand vilain bout noir,
Comme celui d'un entonnoir,
Tétin, qui brimballe à tous coups
Sans être ébranlé, ne secoue,
Bien se peut vanter, qui te tâte
D'avoir mis la main à la pâte.
Tétin grillé, Tétin pendant,
Tétin flétri, Tétin rendant
Vilaine bourbe au lieu de lait,
Le Diable te fait bien si laid :
Tétin pour tripe réputé,
Tétin, ce cuydé-je, emprunté, (cuydè-je=crois-je)
Ou dérobé en quelque sorte
De quelque vieille Chèvre morte.
Tétin propre pour en Enfer
Nourrir l'enfant de Lucifer :
Tétin boyau long d'une gaule,
Tétasse à jeter sur l'épaule
Pour faire (tout bien compassé)
Un chaperon du temps passé ;
Quand on te voit, il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te prendre avec des gants doubles
Pour en donner cinq ou six couples
De soufflets sur le nez de celle
Qui te cache sous son aisselle.
Va, grand vilain Tétin puant,
Tu fournirais bien en suant
De civettes et de parfums
Pour faire cent mille défunts.
Tétin de laideur dépiteuse,
Tétin, dont Nature est honteuse,
Tétin des vilains le plus brave,
Tétin, dont le bout toujours bave,
Tétin fait de poix et de glu :
Bren ma plume, n'en parlez plus, (Cambronne est postérieur à Marot....)
Laissez-le là, ventre saint George,
Vous me feriez rendre ma gorge
Clément Marot
Et voici ce qu'écrivit à propos de ce contre-blason, Marot lui-même:
Or chers amis, par manière de rire
II m'est venu volonté de décrire
A contrepoil un tétin que j'envoyé
Vers vous, afin que suiviez cette voye.
Je l'eusse peint plus laid cinquante fois
Si j'eusse pu. Tel qu'il est toutefois,
Protester veux, afin d'éviter noise,
Que ce n'est point un tétin de Françoise,
Et que voulu n'ai la bride lâcher
À mes propos pour les dames fâcher ;
Mais volontiers, qui l'esprit exercite,
Ores le blanc, ores le noir récite,
Et est le peintre indigne de louange
Qui ne sait peindre aussi bien diable qu'ange.
09:30 Publié dans Blog , Poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 13 février 2007
BLASON DU BEAU TÉTIN
Bronze de Françoise NAUDET
Puisque c'est la semaine de la Saint Valentin, je vous transcris un petit poème de Clément MAROT que j'ai souvent chanté sur une musique de Clément JANEQUIN, qui fait l'éloge du "BEAU TÉTIN". (extrait des Épigrammes de 1535), cette partie du corps de la femme étant importante pour la beauté féminine, souvent dessiné, peint et sculpté...
Outre le sonnet, qu'il a contribué à imposer, Clément MAROT est l'inventeur d'un jeu littéraire : le blason. Blasonner, initialement, consiste à détailler et expliquer les armoiries d'un écu. Ici, le poète rivalise en chantant telle ou telle partie du corps féminin.... C'est Marot qui fut à l'origine de ce jeu littéraire du blason, repris plus tard par plusieurs poètes.
Voici donc le "BLASON DU BEAU TÉTIN"
La chanson de Janequin
Les paroles de MAROT
Tétin refait, plus blanc qu'un œuf, (refait = nouvellement formé)
Tétin de satin blanc tout neuf,
Toi qui fait honte à la rose
Tétin plus beau que nulle chose,
Tétin dur, non pas tétin, voire (voire = qui n'est pas, à vrai dire, un tétin)
Mais petite boule d'ivoire
Au milieu duquel est assise
Une fraise ou une cerise
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gage qu'il en est ainsi.
Tétin donc au petit bout rouge,
Tétin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller (baller = danser)
Tétin gauche, tétin mignon,
Toujours loin de son compagnon,
Tétin qui portes témoignage
Du demeurant du personnage, (demeurant = de tout le reste de la personne)
Quand on te voit, il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir :
Mais il se faut bien contenir
D'en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendrait une autre envie.
Ô tétin, ni grand ni petit,
Tétin menu et d'appétit,
Tétin qui nuit et jour criez :
«Mariez moi tôt, mariez !»
(Tétin qui t'enfles, et repousses
Ton gorgias de deux bons pouces : (gorgias s= décolleté, haut de la robe, corsage))
A bon droit heureux on dira
Celui qui de lait t'emplira,
Faisant d'un tétin de pucelle,
Tétin de femme entière et belle.
Dans la version chantée, les 2 vers en italique n'ont pas été mis en musique par Janequin.
LE FRONTON,
bronze de Françoise NAUDET
16:10 Publié dans Blog , Chansons , Poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
dimanche, 11 février 2007
JE SAIS (Jean GABIN VOUS PARLE)
Comme le texte du diaporama est très joli, je vous l'ai retranscrit ci-dessous, et en fin de note un lien vers une vidéo avec la chanson...)
LE TEXTE DU DIAPORAMA
(les paroles sont de Jean-Loup DABADIE et Philippe GREEN : elles datent de 1974)
Quand j’étais gosse, haut comme trois pommes,
J’parlais bien fort pour être un homme.
J’ disais, JE SAIS, JE SAIS , JE SAIS, JE SAIS.
C’était l’ début, c’était l’ printemps.
Mais, quand j’ai eu mes 18 ans,
J’ai dit, JE SAIS, ça y est, cette fois JE SAIS.
Et aujourd’hui, les jours où je m’ retourne,
J’ regarde la terre où j’ai quand même fait les 100 pas.
Et je n’ sais toujours pas comment elle tourne !
Vers 25 ans, j’ savais tout : l’amour, les roses, la vie, les sous.
Tiens oui l’amour ! J’en avais fait tout le tour !
Et heureusement, comme les copains,
j’avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j’ai encore appris. C’que j’ai appris, ça tient en trois, quatre mots.
Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau.
J’ peux pas mieux dire : il fait très Beau !
C’est encore ce qui m’étonne dans la vie,
Moi qui suis à l’automne de ma vie.
On oublie tant de soirs de tristesse,
Mais jamais un matin de tendresse.
Toute ma jeunesse, j’ai voulu dire JE SAIS ;
Seulement, plus je cherchais, et puis moins j’ savais.
Il y a 60 coups qui ont sonné à l’horloge.
Je suis encore à ma fenêtre, je regarde et j’ m’interroge…
Maintenant, JE SAIS, JE SAIS QU’ON NE SAIT JAMAIS.
La vie, l’amour, l’argent les amis et les roses…
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses…
C’est tout c’que sais ! Mais ça, J’ LE SAIS… !
Bonne Journée, Bonne soirée Tout le bonheur du monde pour vous…
Et si vous voulez le même texte par Jean GABIN avec une musique différente et des photos de GABIN, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous:
12:15 Publié dans Blog , Diaporamas , Poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mercredi, 28 juin 2006
LES MAINS
J'avais écrit dans ma jeunesse un petit poème que j'avais mis en musique, et que je gratouillais avec ma guitare lorsque j'avais 18 ans. Alors, les belles photos des mains sur le blog de Dominique m'ont remis en mémoire ce texte de jeunesse, qui est un peu une "prière" (pardon pour ceux qui ne sont pas "croyants"). Je vous le retranscris, sans la musique...
1 - Les mains ont un pouvoir à nul autre pareil
Ell's redonnent l'espoir, surtout quand ell's sont vieilles
Elles chantent l'amour, ell's font jaillir le jour
Elles dis'nt au revoir, elles disent bonjour
Ell's montrent le soleil
Refrain :
Que c'est beau, la main qui donne,
Que c'est beau, une main qui pardonne
Que c'est beau, la main qui donne,
Et pardonne à l'homme
2 - Les mains peuvent détruire ce que d'autres ont fait
Les mains peuvent construire les plus beaux des palais
Elles tiennent la main de tout's les autres mains
Elles peuvent bénir et partager le pain
Elles sont faites pour aimer.
Les mains peuvent comprendr' les plus petites peines
Elles peuvent guérir, elles peuvent nourrir
Merci pour nos deux mains qui fabriquent le pain
Merci pour nos deux mains, merci.
08:00 Publié dans Blog , Poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note










